Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 20:06

Les Nouvelles Pratiques Journalistiques, ça peut aussi être un passe-temps. Gilbert Ahnee, journaliste à l'Express ID, à l'île Maurice, passe ses soirées à inventer des logiciels pour les rédactions de journaux!

 

Le personnage est complexe et attachant, tout à la fois. Un érudit qui se dit déjà lui-même vieillard, mais au regard d'enfant. De sa voix de ténor graveuleuse, il exerce un pouvoir indicible sur vous, à chaque mot, qui fait qu'on ne peut que l'écouter. Terrible envoutement. Le journaliste commence à raconter sa vie, et vous buvez ses paroles.

 

 


Photgraphie: Philip Lim

Capture-d-ecran-2012-03-27-a-15.52.33.pngL'application Storganizer, une table de montage pour la rédaction d'articles

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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 19:48

La toile est LE nouveau mode de diffusion de l'information. Problème, est-elle toujours bien réelle? Difficile de déméler le vrai du faux dans cette masse d'informations en pagaille pas toujours vérifiées. En 2010, la Réunion était victime de ce syndrome de la web-information avec l'affaire Helmut Von Staffen via les sites Zinfos974 et Zappet Show. Décriptage d'un phénomène en local et en international.

 

"La nouvelle terrible rumeur qui éclipse toutes les autres" titrait Le Zappet Show le 12 avril 2010. La nouvelle en question c'est que, selon le géographe autrichien Helmut Von Staffen, l'île de la Réunion serait une pure invention, au même titre que l'Atlantide ou Neverland. Une théorie que le négationniste expose dans son ouvrage Les pays de nulle part - Cinq siècles de mensonges. Selon lui, la supercherie aurait débuté dès la découverte de l'île en 1504, quand le navigateur portuguais Diego Fernandez Peteira aurait inventé ce volcan jailli de la mer, juste à côté de Maurice, pour ne pas perdre la face en n'ayant rien à présenter à son retour de voyage. Le géographe va même plus loin en apportant pour preuve les nombreux changement de nom (Santa Apolonia, England's Forest, Bourbon, etc) qu'à connu la Réunion et atteste que les réunionnais n'ont jamais existé. Une "légende savamment entretenue au sein d'un complot international visant à soutirer un peu plus d'argent aux contribuables ou aux oeuvres caritatives auxquels on fait habilement croire que leur argent sert au développement d'un lointain territoire d'outre-mer qui appartiendrait à la France". Les propos tenus dans l'ouvrage du géographe autrichien dénonçant une théorie du complot mondiale n'ont pas manqué d'interpeller l'auteur de l'article, qui finissait son texte en appelant à réagir ses lecteurs: "Question: doit-on accorder du crédit aux propos de Helmut Von Staffen ? Une commission d'enquête vient d'être mandatée par plusieurs associations de géographes soucieux de démontrer que le négationiste est un menteur et que la Réunion existe bel et bien. Mais il faudra sans doute encore beaucoup de temps avant de savoir qui a raison..."

 

2011135-2778051 Image satellite non truquée que Mr. Helmut Von Staffen aurait réussi à se procurer.
 

A Gauche: Madagascar,

 

A droite: Maurice

 

Au milieu (emplacement de La Réunion): rien

 

 

Incroyable, n'est-ce pas? Et vous avez raison de vous poser des questions car tout ceci n'était en fait qu'un canulard. De l'intox pour créer le buzz. L'auteur: Joseph Cleanstone, journaliste du Zappet Show. En creusant un peu, on aperçoit vite les incohérences grossières. D'une part, les seuls articles reléguant l'information ont été posté par la même personne, le Joseph Cleanstone en question. D'autre part, le profil Facebook du fameux géographe autrichien. Intégralement rédigé en français, ne comptant que des amis français, il joue sur une photo de profil et une photo de son ouvrage, Les pays de nulle part - Cinq siècles de mensonges, clairement datés du XIXe siècle, conférant à Helmut Von Staffen une légitimité ouvertement factice. Bref, une manoeuvre grossière, mais volontairement. Et plutôt efficace, puisque la nouvelle a été commentée pendant plus d'un an sur les sites d'information réunionnais. Nombre d'internautes se sont laissés prendre au piège que le journaliste leur avait tendu.

  Com' Helmut

 

La désinformation sur Internet est devenue une tendance de plus en plus forte et même de plus en plus organisée. Au-delà du discours de comptoir définissant le web comme "un danger public puisqu’ouvert à n’importe qui pour y dire n’importe quoi", Internet est un outil d'information à double tranchant. Car les informations qui y sont postées ne passent pas forcément par une chaîne de validation comme c'est le cas dans les médias traditionnels ou sur certains sites qui reproduisent le modèle de leurs aînés. Il faut donc toujours s'interroger sur la fiabilité des éléments trouvés sur le Net. Entre propagande, simple opinion sans réels fondements, informations non vérifiées, fichiers truqués et canulards purs et simples, la désinformation peut prendre des formes très différentes. Cependant, il faut bien différencier deux tendances. La première, la désinformation involontaire, par le relais ou la publication d'une information non vérifiée. La seconde, volontaire cette fois, qui tient de la manipulation. Si la première est due à de la négligence ou une utilisation non responsable de l'outil de publication que représente le web, la seconde nait de motivations diverses, mais qui ne sont pas forcément négatives. "Les artistes utilisent des mensonges pour dire la vérité, alors que les politiciens les utilisent pour cacher la vérité" entend-t-on dans un film se voulant subversif. Sans juger de la profondeur de cette production cinématographique, la réplique résume parfaitement les deux positions qui s'opposent dans la désinformation volontaire.

 

Ce Mr. Cleanstone n'est donc ni négligent ni mal intentionné, bien au contraire. Sa création d'un géographe négationniste était à visée, humoristique bien sûr, mais avant tout critique envers le négationisme historique. Le but de la démarche était de mettre en exergue l'absurdité des nombreuses théories négationistes que l'on peut trouver. En faisant resortir au passage, par les réactions de ses lecteurs, que le public croit trop facilement ce qu'il lit sur Internet. Un pastiche de propagande anti-propagande. Alors que des techniques similaires sont utilisées à des fins commerciales, la pratique a d'ailleurs été baptisée "viral marketing", ou politique comme ça a été le cas, par exemple, avec la fausse vidéo du massacre de Duékoué en Côte d'Ivoire. Somme toute, la manœuvre exercée par Joseph Cleanstone sur le Zappet Show, qu'on approuve ou pas, reflète tout à fait la complexité de nos usages de l'Internet.

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Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 19:57

DiasporaRéunion

 

Mark Zukerberg n'a pas le monopole de la connexion entre les individus. À la Réunion, on a décidé de créer un réseau social pou tou dimoune réyoné. Avec Diaspora* Réunion, la communauté réunionnaise a accès à un outils de rassemblement et de partage d'information totalement dédié et intéractif.

 

Derrière ce projet, on trouve tout d'abord la société Outremerveilles, société réunionnaise de création et d'hébergement de sites web dirigée par Fabien Degieux. Celui-ci souhaite ouvrir un serveur Diaspora* localement et propose à Alan Chakri, éditeur de La Ptite gazette et Nicolas Martin, en charge de Réunionnais du monde, web journaux réunionnais, de se joindre au projet. De cette association nait, le 20 décembre 2011, Diaspora* Réunion, premier réseau social de la communauté réunionnaise, et des simples amoureux de l'île.

 

Certes, la petite communauté insulaire, d'un peu plus de 800 000 membres, n'offre pas un nombre d'inscrits potenctiels aussi vaste que pour Facebook, qui culmine à 845 millions de membres à travers le monde. Néanmoins, le site constitue une première pour la Réunion, qui jusqu'alors devait se contenter de réseaux de type "rencontres" ou plus proches du forum, tels Nexboo ou ensamb.re, qu'avec une vrai visée de partage d'information.

 

Image 2

 

Diaspora* Réunion s'incrit dans un projet plus global. Le projet de quatre étudiants de l'Université de New York. Dan Grippi, Max Salzberg, Raphael Sofaer et Ilya Zhitomirskiy ont eu l'idée de Diaspora* suite à une conférence d'Eben Moglen en février 2010 sur le réseaux sociaux fonctionnant avec des logiciels propriétaires centralisés, comme Facebook, et qu'il qualifiait de forme "d'espionnage gratuit". Leur idée: offrir la possibilité à quiconque de créer son propre réseau social via un logiciel libre (voir la définition de logiciel libre), qui permet donc une adaptation de l'application selon les besoins.  Le 24 avril de la même année, les quatre compères lançaient une levée de fonds pour la création de leur projet sur le site spécialisé Kickstarter. Mr Zukerberg a d'ailleurs lui-même fait un don!

 

 

Image 4

 

Diaspora* se distingue des autres réseaux sociaux par le fait qu'il reprenne les fonctionnalités les plus avantageuses de chaque plateforme afin d'optimiser la diffusion de l'information. De même que Facebook ou Google+, son profil permet de poster des messages, des liens et des fichiers multimédias divers et variés. Le plus, c'est que Diaspora* réinvente l'emploi du "hashtag" de Twitter pour en faire un système similaire au flux RSS. Par exemple, un utilisateur postant un message avec" #Réunion" verra son message diffusé sur les pages de tous les utilisateurs étant abonnés à ce mot clé. Ainsi, on ne suit pas uniquement des personnes, comme c'est le cas sur Twitter, mais des sujets entiers. De ce fait, le réseau social Diaspora* fonctionne à la fois comme une plateforme de curation et un outil de réception ultra personnalisé de l'information.

 

Diaspora* Réunion utilise actuellement la version Alpha du logiciel Diaspora*, distribuée depuis le 15 septembre 2010. Aucune date de sortie n'a encore été communiquée, néanmoins, la version Beta du logiciel, prévoyant des modules pour partager plus de données, li promèt li pête kar d'tour!  

 

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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 20:30

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Les mongols ne célèbrent pas le 1er avril, la blague d'introduction du poisson d'avril serait donc malvenue. En revanche la chaîne Euronews est à présent la bienvenue en Mongolie. Ses programmes sont visibles dans tout le pays depuis ce 1er avril.

 

Déjà présente dans 11 pays du continent asiatique, Euronews ajoute la Mongolie à sa liste. Un marché représentant quelques 6,7 millions de foyers auxquels s'additionnent maintenant les 1,8 millions de foyers mongols qui recevront les programmes de la 1ère chaîne d'information d'Europe. Cependant, Michael Peters, président du directoire de la chaîne, affirme que c'est une action désintéressée : "Sur ce coup, ce nouveau marché ne représente aucune augmentation significative de notre chiffre d’affaire. {...} On ne se dit pas qu’on attaque un marché avec une rentabilité forte. Que ce pays si éloigné des valeurs européennes se soit tourné vers nous est une réelle fierté".

 

Ce qui a créé la surprise, c'est que ce soit  la Mongolian National Public Radio and Television qui en ait fait la demande auprès d'Euronews. Une démarche qui s'inscrit dans un mouvement d'ouverture des médias mongols au reste du monde. Les médias nationaux étaient, jusque dans les années 1990, sous le contrôle de l'unique parti politique, le Parti Révolutionnaire du Peuple Mongol, qui avait une facheuse tendance à faire emprisonner les journalistes indociles.

 

Les informations d'Euronews sont donc diffusées, lors de ses 6 horaires quotidiens, sur la chaîne nationale mongole, la MNB, ce qui équivaut à 2 heures de programmes chaque jours, selon le communiqué de presse de la chaîne européenne. Ces programmes sont doublés, conformément à l'accord passé entre la Mongolian National Public Radio and Television et Euronews. En revanche, dans un soucis de "crédibilité" comme l'explique Michael Peters, l'accord prévoit que l'heure du reportage soit toujours affichée lors de sa diffusion, car le temps de traduire les scripts des reportages de l'anglais ou du russe au mongol créé "un décalage entre la date de l'information et la date de diffusion".

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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 19:47

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Le quotidien L'Express, journal le plus lu de l'île Maurice, renoue enfin les liens avec son lectorat sous la forme d'un groupe Facebook. Créé le 27 mars dernier, il offre pour la première au public, mauricien ainsi qu'étranger, la possibilité de s'exprimer sur les articles publiés dans le quotidien, et plus généralement, sur l'actualité mauricienne. Un renouvellement de la relation média/lectorat du journal que l'on espère voir se prolonger à travers d'autres outils multimédias.

 

L'Express s'était adapté à l'arrivée d'Internet dans le monde de la presse de façon assez inattendue. Le groupe auquel le journal appartient, La Sentinelle, avait choisi de créer un site web pour le journal... mais en créant une nouvelle rédaction, totalement indépendante de celle du quotidien. Deux équipes, deux rédacteurs en chef, deux journaux. En effet, les informations et articles du site ne sont pas ceux du quotidien papier. Il serait à la limite du pure player. En revanche, on peut trouver sur le site internet le "e-paper", c'est-à-dire une version pdf du quotidien, accessible aux utilisateurs inscrits et payante. Ayant assez peu d'intérêt pour les mauriciens, qui ont la possibilité d'acheter exactement le même produit à la boutique du coin, cette version numérique existe principalement pour le lectorat étranger qui s'intéresse de près à l'actualité mauricienne. Le premier quotidien du pays restait donc toujours coupé de ses lecteurs.

 

Il aura fallu attendre l'année 2012 pour que le journal fondé en 1963 donne la libre parole à son lectorat. Et ce alors que le web journal L'express.mu avait déjà créé sa propre page Facebook. Le groupe, ouvert à tous, propose une sélection d'articles parus dans le journal du jour, ou même à paraitre dans le journal du lendemain, postés par les journalistes eux-mêmes. Ainsi, chaque membre du groupe, qui en compte déjà 620, a la possibilité de lire, réagir et interagir avec la rédaction du journal. Et même de poster ses propres informations. Un changement de stratégie qui ressemble beaucoup à une aubaine pour L'Express, qui redoutait la forte concurrence d'un petit nouveau sur le marché: Le Défi Quotidien.

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