Partager l'article ! Du citoyen népalais au journaliste citoyen: Le web journalisme népalais cri haut et fort qu'il veut se développer. ...
Le web journalisme népalais cri haut et fort qu'il veut se développer. Dans un contexte pour le moins difficile, seul 48,6% de la population est lettrée et à peine 2 à 3% utilise Internet selon les chiffres indiqués par le World Fact Book de la CIA, les blogs tentent de renouveler le système d'information népalais par le journalisme citoyen. Et si aujourd'hui des sites tel que WebLali peuvent rescencer dans les 300 blogs népalais (sur le Népal ou écrits par des népalais), au départ (comme pour tout départ me direz-vous...) il n'y en avait qu'un: United We Blog!
L'histoire de ce pionnier népalais, ou plutôt ces pionniers puisqu'ils sont deux fondateurs, est intimement liée à l'histoire politique du pays. Suite à l'affaire du massacre de la famille royale en juin 2001, Gyanendra, frère de feu le prince héritier, monte sur le trône alors que la guerre entre le pouvoir royal et les maoistes fait rage de puis déjà 5 ans. Puis en octobre 2002, le roi décide de se passer de Parlement, de Conseils locaux, et même de premier ministre, qu'il juge incompétant face au problème des insurgés maoistes. De ce fait, il prive le Népal de tout pouvoir élu. Mais, rebondissement, en juin 2004, Gyanendra remet en poste l'ex-premier ministre... pour un temps. Encore loin de la sphère politique, encore sur un nuage digital, une nouveauté apparait. Le 1er octobre 2004, les journalistes Dinesh Wagle et Ujjwal Acharya postent régulièrement sur un blog des articles sur leur "expérience personnelle du journalisme et du reportage". Plutôt journal intime que journal avec un grand J, les deux précurseurs bloggent paisiblement pendant 4 petits mois, jusqu'à ce que la politique ne le rattrappe. Gyanendra démet à nouveau le premier ministre et s'octroie les pleins pouvoirs, s'entourrant de ses fidèles en guise de ministres. Quand on l'attaque, le roi contre-attaque et décrête donc l'état d'urgence tout en suspendant les droits fondamentaux. Si les hommes sont lourdement touvhés par ces mesures, le net n'y coupe pas non plus. Les népalais sont privés de connection durant toute la première semaine de février 2005. Au même titre que les sites classiques, le jeune United We Blog! (UWB) fait une pause forcée. Mais dès lors que la connection est rétablie, nos deux bloggeurs commencent à écrire sur les évènements . Et pendant que leurs confrêres journalistes souffraient de la censure des médias "classiques", sur le nouveau médium blog, UWB devient momentanément la seule source d'information népalaise indépendante.
Aujourd'hui, United We Blog! fonctionne comme une plateforme de journalisme citoyen ouverte à tous. Le blog se veut un outil d'expression pour les journalistes souhaitant écrire à propos
du Népal mais ne pouvant s'exprimer dans les journaux, papiers ou web, mainstream. Dharma N. Adhikari, directeur du Media Monitoring du Népal, expliquait, dans une interview accordée
à Saroj Gartula en 2008, la popularité croissante du journalisme citoyen au Népal en ces termes: "Les medias mainstream n'ont pas été capable de diversifier leur
couverture". C'est donc ce qui fait la force et le charisme de UWB! face à des Ekantipur.com et autres thehimalayantimes.com. Plutôt que de dépécher des journalistes aux quatres coins du pays
pour des articles sur des régions reculées souvent délaissées par les médias, le blog met à contribution les citoyens déjà sur-place, à qui il tient à coeur de diffuser l'actualité de sa région.
Et le concept a su trouver son public en plus de ses acteurs car, si l'on ne compte pas le nombre de contributeurs à travers le pays et le monde, UWB! est suivi par pas moins de 9 852
internautes, soit un dixième des "followers" du Ekantipur, l'un des leaders du web journal mainstream.